Pourquoi dormir 8 heures peut encore vous laisser fatigué — et comment retrouver un sommeil vraiment réparateur
Vous avez enfin le temps de dormir plus longtemps.
Dix heures au lit semblent être la solution idéale… et pourtant, au réveil, la fatigue est toujours là.
Si cette situation vous parle, le problème ne vient probablement pas du temps passé à dormir, mais de la qualité du sommeil — et plus précisément de la quantité de sommeil profond obtenue pendant la nuit.
Comprendre les cycles du sommeil
Une nuit de sommeil est composée de cycles successifs d’environ 90 minutes, chacun traversant plusieurs phases distinctes :
• Sommeil léger (~50 %)
C’est la phase d’entrée dans le sommeil. Le rythme cardiaque ralentit, la température corporelle baisse et le corps commence à se relâcher.
• Sommeil profond (15–25 %)
C’est la véritable phase de récupération de la nuit, généralement concentrée dans la première moitié du sommeil.
Pendant le sommeil profond :
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l’hormone de croissance stimule la réparation musculaire et tissulaire
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le cerveau élimine des déchets métaboliques (comme les protéines bêta-amyloïdes et tau)
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le système immunitaire se renforce
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certaines mémoires essentielles se consolident
Cette phase dure en moyenne 1 à 2 heures par nuit.
• Sommeil paradoxal (REM) (20–25 %)
Il joue un rôle clé dans la régulation émotionnelle, l’apprentissage et la mémoire. Il survient majoritairement en fin de nuit.
👉 Point essentiel : se coucher trop tard peut faire manquer la fenêtre optimale du sommeil profond, même si l’on dort plus longtemps le lendemain.
Qu’est-ce qui rend le sommeil réellement réparateur ? Les 4 piliers
Le sommeil profond est crucial, mais il n’est pas le seul facteur. Un sommeil de qualité repose sur quatre piliers complémentaires :
1. La durée
Dormir 7 à 9 heures permet de compléter suffisamment de cycles de sommeil.
2. La continuité
Un sommeil fragmenté, ponctué de micro-réveils, empêche le cerveau d’atteindre et de maintenir les phases profondes.
3. La régularité
Se coucher à des horaires similaires (±30 minutes) aide l’horloge biologique à rester alignée.
La régularité est souvent un meilleur indicateur de santé à long terme que la durée seule.
4. Le bon timing
Dormir en accord avec son chronotype naturel améliore significativement la qualité du repos.
Lorsque le sommeil est mal calé ou interrompu, le corps n’entre jamais pleinement en mode réparation — ce qui explique pourquoi on peut se réveiller fatigué après une nuit pourtant longue.
Ce qui empêche le sommeil profond
Même avec suffisamment de temps au lit, plusieurs facteurs peuvent saboter le repos profond.
1. Le stress chronique et le cortisol élevé
Le cortisol devrait être élevé le matin puis diminuer progressivement au fil de la journée.
Le stress chronique maintient ce niveau élevé en soirée, retardant la production de mélatonine, l’hormone qui signale au corps qu’il est temps de dormir.
Résultat :
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endormissement plus lent
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sommeil plus léger
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réduction du sommeil profond
Ce phénomène est lié à la charge allostatique : lorsque les systèmes de stress restent activés trop longtemps, ils désorganisent les rythmes biologiques.
Comment aider : réancrer l’horloge circadienne avec la lumière
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Matin : dans l’heure suivant le réveil, s’exposer 10 à 15 minutes à la lumière extérieure
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Fin d’après-midi : retrouver la lumière naturelle ou observer le coucher du soleil
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Soir : après 20 h, tamiser l’éclairage, réduire les écrans et activer le mode nuit
2. Les variations de glycémie
La stabilité de la glycémie joue un rôle clé pendant la nuit.
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Après un repas riche en sucres rapides : la glycémie monte puis chute
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Si elle chute trop bas la nuit, le corps libère adrénaline et cortisol… provoquant des réveils
Signes fréquents :
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réveils entre 2 h et 4 h du matin
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sommeil agité
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fatigue au réveil
L’alcool agit de la même manière : il facilite l’endormissement mais fragmente le sommeil et réduit les phases profondes.
Comment aider : stabiliser la glycémie
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Dîner 2 à 3 heures avant le coucher
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Si besoin, petite collation protéine/lipides (noix, yaourt grec)
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Privilégier protéines, fibres et bonnes graisses
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Choisir des glucides complexes (légumineuses, quinoa, patate douce)
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Limiter sucres, pain blanc et boissons sucrées
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Aliments favorables au sommeil : kiwi, cerises, poissons gras, tisane de camomille
3. Une chambre trop chaude
Pour entrer en sommeil profond, la température corporelle centrale doit baisser d’environ 1 à 2 °C.
Une chambre trop chaude empêche ce mécanisme naturel.
Comment aider :
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Température idéale : 18–19 °C
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Aérer la chambre
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Laisser les mains ou les pieds hors de la couette
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Prendre une douche ou un bain chaud 1 à 2 heures avant le coucher (le refroidissement post-bain favorise la somnolence)
4. Lumière et stimulation mentale en soirée
La lumière artificielle tardive indique au cerveau qu’il fait encore jour, inhibant la mélatonine.
Les écrans maintiennent également l’esprit en alerte par un flux constant d’informations.
Des horaires irréguliers accentuent ce phénomène, créant une forme de jet lag social.
Comment aider : instaurer un rituel de ralentissement
Accorder 30 à 60 minutes chaque soir pour passer du mode « action » au mode « repos » :
- Yoga Nidra / NSDR (10–20 min)
- Lecture papier (contenu apaisant)
- Appliquer son patch de sommeil ONSKYN SLEEP
- Respiration lente : inspirer 4 s, expirer 8 s pendant 5 minutes
- Écrire ses préoccupations et les tâches du lendemain
- Éviter écrans intenses, travail et conversations stimulantes
Le cercle vicieux
Stress → cortisol élevé → instabilité glycémique → réveils nocturnes → stress accru.
Ajoutez à cela lumière tardive et horaires irréguliers, et le sommeil profond se réduit progressivement.
Lorsque le sommeil profond diminue, l’immunité, la récupération et la résilience émotionnelle déclinent à leur tour.
Soutiens naturels
Uniquement si nécessaire et idéalement avec un avis médical :
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Magnésium (glycinate) : relaxation, soutien du GABA
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Glycine : aide à abaisser la température corporelle, améliore la perception du sommeil
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Mélatonine : utile pour les décalages circadiens, efficace à très faible dose (0,3–1 mg) comme dans les patch ONSKYN SLEEP
Comment savoir si cela fonctionne ?
Avec un tracker :
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Sommeil profond : 15–25 %
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Efficacité ≥ 85 %
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Horaire de coucher stable (±30 min)
Sans technologie :
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Réveil naturel
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Sensation de clarté dans les 30 minutes
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Moins de fatigue l’après-midi
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Moins de dépendance à la caféine
Si les résultats restent insuffisants, l’analyse de marqueurs biologiques (rythme du cortisol, inflammation, glycémie) peut aider à identifier des déséquilibres plus profonds.
En bref,
La période hivernale est idéale pour réinitialiser ses habitudes de sommeil — non pas en dormant plus longtemps, mais en protégeant les conditions qui permettent le sommeil profond.
La perfection n’est pas nécessaire.
Quelques changements cohérents et répétés peuvent transformer la qualité du repos — et avec elle l’énergie, la concentration et la tolérance au stress.
Le sommeil n’est pas un luxe.
C’est le socle de tout le reste.
* Références scientifiques:
-
Patel AK, Physiology, Sleep Stages, StatPearls (NCBI Bookshelf) — cycles et architecture du sommeil. CNIB
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Inserm — documentation sur les phases du sommeil lent et paradoxal. Inserm
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Cochrane/Meta-analyse — effets de la mélatonine sur la latence et la qualité du sommeil. PLOS
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Costello RB et al., The effectiveness of melatonin for promoting healthy sleep — revue d’essais contrôlés randomisés sur mélatonine. PMC
-
Exploring the Role of Circadian Rhythms in Sleep and Recovery — rôle de la mélatonine dans le cycle veille–sommeil. PMC
-
Expliquer les phases du sommeil (N1–N3, REM) — schémas et fonctionnement. MédecinDirect
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National Geographic / recherches sur la fonction des phases du sommeil. National Geographic